Avant d’atteindre la ville de Chaqra, nous avons emprunté une route sablonneuse et rugueuse, car la route principale n’était pas encore sécurisée dans certaines zones. Pendant le voyage, ils ne me demandaient pas grand chose. Ils m’ont juste parlé des dangers du fait de visiter un groupe interdit, ils m’ont rappelé ce qui était arrivé au journaliste Abdulelah Shayee, certainement ils ne savaient pas que je n’avais pas besoin de plus d’inquiétude, surtout dans ce genre de campagne.
La presse ne dit pas la stricte vérité, tous les journaux suivent un parti ou un individu, et tous les partis ou individus détestent Al Qaida, ce qui fait que tous les médias travaillent contre Al Qaida.
"Si vous assistez à des évènements ici, les retranscrirez-vous dans vos journaux sans en changer ?" C’est, pour résumer, la question de l’un de mes accompagnateurs. Je lui ai repondu « oui », mais il ne m’a pas semblé convaincu, il a hoché sa tête et il a dis “Khayr inshaAllah”.
Un autre accompagnateur a dit : « J’espère que vous direz toute la vérité sur ce qui se passe ici, même si cela n’est pas de notre intérêt. », je lui ai dis que je venais ici pour justement retranscrire la vérité ou sinon je serais resté à Sanna pour dire ce qui se passe dans la province de Abyan… comme beaucoup font.
Un troisiéme m’a dis : « Vous pensez que vous allez le faire Abdu… quel est votre surnom ?
Moi : “je suis Abdulrazaq Al-Jamal… seulement.”
Ici personne ne s’appel avec son vrai nom, pour des raisons de securité. Chacun a son surnom, je dois sûrement être le seul à me faire appeler par mon vrai nom, avant que l’un d’entre eux suggère un surnom pour moi. Et je suis devenu Abu Al Muhajir.
Nous sommes encore a Shaqra, je prend conscience que cette ville est pleine de combattants d’Al Qaida, puisque les avions américains, les drones espions survolent la ville d’une intensité différente que dans les autres régions. C’est une mesure particulière pour connaître l’importance de la présence du groupe dans le coin. Les informations recueillies dans le secteur par les américains sont importantes, mais ils n’en tirent pas grand chose. Les combattants d’Al Qaida prennent leur précautions :
-1 : Eteindre les téléphones
-2 : Se déplacer constamment. L’aviation américaine ne tire par sur les cibles mouvantes.
-3 : Pas plus de 3 personnes dans un même endroit
-4 : Réciter les Azkar (invocations)
L’Espace aérien autorisé :
J’ai en mémoire quelque chose qui se rapporte a ce sujet, Le Washington Post a cité des responsables américains de l’administration Obama, disant qu’ils auraient augmenté récemment leurs attaques de drones au Yémen.
Le journal a également cité les paroles de responsables américains disant que ce qui se passe au Yémen est le contraire de ce qui se passe au Pakistan, puisque chaque attaque au Yémen ou en Somalie nécessite l’approbation de la Maison Blanche; et que les cibles seraient extraites d’une liste de grands leaders d’Al Qaida dans la Péninsule Arabique.
Le journal Washington Post n’a pas besoin d’être confirmé par des responsables officiels américains, ils n’ont qu’à visiter la Province d’Abayan… La confirmation des responsables américains que les cibles de l’aviation américaine sont extraites d’une liste de chefs d’Al Qaida est une chose incertaine, ce qui est plutôt certain c’est le contraire.
Aprés mon depart d’Al Shaqra, l’aviation americaine a tué 5 nouveaux combattants d’Al Qaida, dans la ville de Al Shaqra, et le departement Al Mahfid, dans la province de Abyan.
Et cela fut répété dans plusieurs autres endroits.
Puisque on y est… lors d’une interview accordé au journal emirati « Al Khaleej », le commandant de la 25ème brigade motorisée a nié toute participation de l’aviation américaine dans la bataille de Abyan.
La ville des moustiques
Je suis maintenant à Shaqra, mais mon esprit et mon coeur sont à Zinjibar. Je suis extrêmement curieux de connaitre la situation dans la ville. Comment pourrais-je avoir envie d’attendre plus longtemps ce rendez-vous ? Tout ce que je voulais c’était de m’approcher toujours plus près, mais les bruits d’explosions qui provenaient de la bataille en face de « Dofas » m’ont vite convaincu qu’il fallait que je reste à Shaqra, comme il a convaincu le correspondant d’Al Jazeera, Ahmed Al Shalafi.
Ceux qui revenaient de Zinjibar, nous renseignaient sur la progression des combats au front, lorsque nous les rencontrions sur la route ou lorsque ils s’arrêtaient dans la ville de Shaqra. Le moyen humain est le seul moyen fiable d’avoir des informations entre combattants du groupe. Certes, ces nouvelles ne figurent jamais dans les medias locaux ou étrangers, sauf quand il s’agit de parler de victimes. Maintenant, quelles sont les valeurs de ces informations, pour moi en tant que journaliste, dans une zone isolée comme celle-ci où je n’ai la capacité de communiquer avec aucun média, car le contact est coupé ?
Ces informations n’aurons pas d’importance, si je les divulgue plus tard, dois-je quitter Abyan avec seulement les évolutions de ces dernières heures ? C’était le genre de question que je me posai.. Bien que la dernière info été très grande, de la taille du mensonge sur le contrôle de la ville de Zinjibar aprés avoir brisé le siège de la 25éme brigade motorisée. Tout ceci est sans importance, ce qui me préoccupe le plus, c’est ce désir d’aller vers le plus difficile : la ville de Zinjibar, et le département du Jaar et les regions voisines.
J’ai bu enormément d’eau froide et de jus de fruits sur la route et durant notre arrêt dans la ville de Shaqra, ceci à cause de la haute température dont je n’étais point habitué. Il y avait beaucoup de choses délicieuses dans la voiture : jus de fruits, chocolats,… sauf les produits qu’ils boycottent comme par exemple Pepsi, ect… Ils sont très généreux, surtout lorsque les ressources financières sont bonnes, mais parfois, ils sont obligés de vendre quelques unes de leurs armes lorsque les conditions sont difficiles, pour couvrir certaines des exigences [vitales] des combattants. Les combattants sont prêts à affronter et à s’adapter à toutes sortes de situations. Il n’ont pas peur des besoins, des privations, et ne sont pas heureux d’être dans le confort. C’est juste une question de temps… Ce qui se passe sur le front est ce qui les rend heureux et ce qui leur fait peur… J’ai pu voir de réels combattants engagés dans des réels combats.
La ville côtière de Shaqra, est chaude et pleine de moustiques. La présence de cet insecte est nuisible, présent pendant la journée, sans parler de la nuit, c’est pourquoi j’avais peur qu’on y passe la nuit, mais le geste du conducteur enlevant la poussiére de sa chemise dissipa cette crainte.
La route vers Zinjibar est très sécurisée, du fait du grand nombre de militants d’Al Qaida, la grande puissance humaine d’Al Qaida dans ces regions, donne une estimation de leur nombre. Les estimation globale officiel disent que les combattants d’Al Qaida au Yémen sont environs 300 combattants, mais ceci apparaît comme une blague lorsque vous voyez avec vos propres yeux leur nombre seulement dans la provinces d’Abyan, je pense que les USA en sont conscient ainsi que leurs drones. Mais est-ce que les récents rapports du général David Petraeus (actuel directeur de la CIA) le précisent ?
Petraeus et Ba’fadel
Au moment où les USA et l’OTAN recoivent une sévère défaite en Afghanistan par les combattants d’Al Qaida, le général Petraeus est intervenu ces derniers jours pour dire qu’Al Qaida au Yémen est le plus dangereux groupe comparé à tout autre pays. Petraeu n’est pas le premier à le dire, il a été précédé par d’autres officiels et responsables, en particulier une note de la CIA qui l’a annoncé il y déjà plus d’un an.
La déclaration de Petraeus révèle l’ampleur de la préoccupation de l’occident, vis à vis de la croissance d’Al Qaida dans des régions où la croissance de ce genre de groupe peut devenir un véritable danger pour leurs intérêts dans la péninsule arabique. Surtout dans ce contexte d’instabilité du Yémen qui est témoin d’une révolution de la jeunesse qui ne demande qu’à renverser le régime d’Ali Abdullah Saleh.
Cela montre aussi la volonté de légitimité l’ingérence américaine qui voudrait directement profiter de l’arrivée de l’opposition au Yémen, afin d’avoir plus de pouvoir dans le domaine de la "guerre contre le terrorisme", mais l’opposition a accusé le régime de Saleh, de négliger la souveraineté nationale en autorisant les avions américains à bombarder les cibles présumées d’Al Qaida dans certaines régions du Yémen.
Accueillir et légitimer une ingérence militaire étrangère directe est très compliqué et sensible pour tout pays. L’opposition yéménite a eu l’idée de proposer à Al Qaida au Yémen, que l’ingérence militaire américaine vienne dans le but de supporter la révolution contre le régime de Saleh que le peuple essaye de faire tomber. Idée complètement rejetée par Al Qaida.
Aussi l’opposition a donc assuré aux Etats-Unis, qu’ils seraient un véritable allié dans la guerre contre le soit disant « terrorisme », aprés avoir renversé le régime actuel.
Ainsi le discours américains sur le danger que représenterait l’organisation pour le Yémen a pour but d’importer l’instabilité au Yémen et dans les parties concernés (opposition et gouvernement) pour placer leur services sur le terrain, dans les meilleures conditions possible; ce qui était assez difficile avant la réaction populaire provoqué par la puissance qui s’oppose au régime, mais depuis peu, cette force se montre conciliante et plus accueillante envers une ingérence étrangère. Et vous pouvez demander au leader de l’opposition Abdurrahman Ba’Fadel, qui a dit qu’il était prêt à donner aux américains et aux francais tout ce qu’ils désiraient comme pouvoir et temps afin de lutter contre Al Qaida au Yémen.
Entrer a Zinjibar de nuit
A partir de la ville de Shaqra, nous sommes accompagné d’une autre voiture transportant quelques combattants, par mesure de sécurité, dont je ne connais pas les raisons, mais je ne savais pas que sa allait avoir un lien avec ce qui allait se passer… Nous avions marché pas moins d’une heure, et cela sans lumière ; ce fut avant d’atteindre la ville de Zinjibar ; pendant 10 kilomètres. C’était un secteur exposé aux brigades qui assiègent la région, ils pourraient tirer sur toute lumiére en mouvement.
Nous avons été guidé par ceux que nous pouvions voir de la couleur de la voiture qui nous accompagnait, et lorsque elle été trop loin, notre conducteur les informait par radio que nous ne les voyons plus et qu’il fallait qu’ils ralentissent leur vitesse. Cela a été très fatiguant.
C’est pourquoi le conducteur de la voiture accompagnatrice, faisait des appels de phare furtif afin que nous soyons bien guidé. Ce fut une grande aventure pour moi. J’ai appris plus tard qu’ils n’étaient pas inquiets d’être pris pour cible par les brigades et qu’ils n’exagéraient pas dans la prise de précautions sur cette route, mais qu’ils ont fait tout cela pour protéger ma vie. Je devais rejoindre Zinjibar en toute securité, ils étaient soulagés lorsque nous avons atteint Zinjibar, et m’ont félicité. Je ne mesure pas l’importance de pouvoir atteindre vivant la ville la plus instable du pays.
Nous nous sommes pas attardé a Zinjibar, il n’y a personne excepté les combattants en poste. C’est pourquoi nous avons rapidement pris le chemin vers la proximité du departement de Jaar, qui est considéré comme la seconde zone des combattants dans le front de Dofas aprés la ville de Zinjibar.
La Base de Jaar
La vie ici est normale, malgré que certaines familles ont commencé à fuir, à cause des bombardements. Les Bombardements ont visé l’hopital public El Razi et une mosquée de la ville, et tué plusieurs citoyens habitants la ville. Je n’en sais pas plus sur les conditions de la vie dans cette base, puisque j’y suis seulement resté une heure. L’électricité est coupé, je suis fatigué de ce difficile voyage, je dois dormir maintenant et je verrais ce qu’il en est demain matin.
L’agent d’information de la base de Jaar : « Nous savons que vous êtes très fatigué, et que vous avez besoin de beacoup de repos, juste un moment, que frères finissent de préparer l’endroit où vous allez dormir. »
Moi: « Je peux dormir n’importe où, vous n’avez pas besoin de préparer quoi que ce soit, amenez moi simplement à l’endroit où l’on dort. » Je craignais seulement le retard, car j’étais dans le besoin incommensurable d’avoir une place confortable où dormir ; pour me faire oublier la difficulté de ce voyage. L’agent d’information m’informa que le temps de préparation n’excéderait pas une demi-heure, et ce fut comme le cas.
Une voiture est arrivé et nous a amené hors de jaar. Bien sure nous ne sommes pas allez loin : à seulement 2 km de la base, au pied d’un arbre, c’était là où je dormirais. Un lit, une couverture, de l’huile anti-moustiques, des instructions pour me protéger de l’aviation américaine et des instructions pour me protéger de l’aviation yéménite et saoudienne :
« Lorsque vous entendez le son des drones américains, vous devez éteindre votre téléphone et bouger sans cesse, car ce genre d’avion ne peuvent bombarder une cible mouvante. Lorsque les avions yéménites arrivent, vous ne devez pas bouger, exactement le contraire de la première situation, parce que les avions yéménites ratent toujours leur cible et vous pourriez devenir la cible ratée si vous bougez…. Ceci est un récipient d’eau, si vous en avez besoin la nuit pour boire ou autres chose… Bonne nuit. »
Je me suis levé la nuit pour « les autres besoins », car j’avais bu beaucoup d’eau, et durant tout le trajet, mais je ne savais pas où aller. Alors je me suis aventuré et me suis éloigné un peu. Lorsque je suis revenu, il m’est paru clair que la nuit été fini et qu’il fallait que je fasse mes ablutions pour la prière du Fajr.
Nous avons tous prier puis nous sommes retourner dormir.
Il y a une voiture qui est chargé de distribuer la nourriture aux combattants, ils l’appellent « Al Eysah car » ; elle nous a réveillé pour le petit déjeuner. J’étais soucieux de la nourriture que devais manger les combttants en déplacement, mais grande fut ma surprise lorsque le conducteur de « Eysah car » nous a donné un sachet de crème, du miel, du beurre, de l’eau et quelques jus de fruits. Je pensais au début que c’était parce que j’étais leur invité, mais je fut étonné de voir dans la voiture d’autres sacs qui furent distibrués aux combattants.
Seulement 15 minutes après notre retour à la base de Jaar, les bombardements ont comencé. Les bombardements ont ciblé trois endroits. Ils m’ont dit qu’il y avait des avions à la recherche de combattants.
La relation d’Al Qaida avec les citoyens de ce département sont très proches. Les bombardements aériens sont les choses les plus redoutés par les citoyens de jaar. L’organisation est très embarrassée par ceci.
Le ressentiment des médias
Après une journée, je me suis habitué à la vie de la base de Jaar et dans la ville de Zinjibar, et aussi au respect des contraintes sécuritaires. Quand l’aviation saoudienne volait au dessus, je me cachais sous un arbre. Quand l’aviation américaine volait, je bougeais donc beaucoup. Et quand l’aviation yéménite volait, je restais à ma place comme elle ratait toujours sa cible. Mais quand les moustiques volaient, j’utilisais l’huile, malgré que cette huile augmente la sensation de chaleur parce qu’elle bouche les ports de la peau. Ce sont des mesures de sécurité incomplète surtout pour une personne comme moi venant d’une region froide.
« Ne demande rien sur quoi que ce soit Abu Al Muhajir, tu peux tout voir de tes propres yeux, dis nous ce que tu veux, où veux-tu aller, et nous t’y conduirons. Tu as la totale liberté de savoir ce que tu veux ici, de sorte que ce que vous transmettrez dans les medias soit basé sur ce que vous avez vu et non sur ce qu’on vous a dit. Beaucoup de médias se basent uniquement sur ce que le régime affirme à propos de nous, malgré qu’ils savent que les évènements sont rapportés modifiés. » C’est ceux que m’a dit l’agent d’information.
Ok, je veux aller au stade Al Wihda. L’information officielle a Sanna dit qu’Abyan est aux mains des forces gouvernementales. Le stade Al Wihda ne l’est pas, comme j’ai pu le rapporter dans le Khaleeji 20, lorsque j’y suis allé pour une autre mission, avec d’autres personnes. Les bombardements ont beaucoup atteint ce lieu, comme cela était prévu, aucun autre endroit n’a été autant bombardé.
Concernant le stade, les combattants de l’organisation m’ont dit que les informations qui accusent l’organisation d’exécuter des soldats dans le stade de Al Wihda sont sans fondements, ce sont des mensonges transmis par les médias du régime et de l’opposition afin de décrédibiliser les moudjahidines. Ils ont fait travailler les soldats pour refaire la route et les ont libéré en leur faisant promettre de ne plus travailler pour le régime.
Une mesure de sécurité exige que nous ne retournions pas à partir du Stade vers la ville de Zinjibar. Nous devons retourner à Jaar à travers un autre chemin. Avant, nous devons atteindre un premier point de route exposé, un des combattants sort de derrière un arbre et nous dit :
« Sur le pont, ils tirerons sur votre véhicule, mais n’ayez pas peur, ils font ça avec chaque voiture qui passe par là. Augmentez votre vitesse et ayez confiance en Allah. La distance entre la brigade et nous est de moins d’un kilométre. »
Ô Allah, la securité dépend ici de la chance, et ma chance est toujours mauvaise… mais si la mort est inévitable… c’est honteux de mourir lâche.. J’ai prétendu que cela m’était égal, mais cette prétention n’a pas duré longtemps. Elle a été dispersé par le son des RBK’s et les balles qui passaient au dessus de ma tête, alors que nous roulions à toute vitesse.
Le conducteur a dit pour me rassurer : « Ne t’inquiète pas lorsque tu entends le son des balles, car la balle qui te tuera, tu ne l’entendra pas, comme dit le proverbe. Les proverbes ici sont tous en rapport avec les balles.
Je ne pouvais pas me rendre au front à Dofas, bien que j’ait demandé, c’est une région qui menacerait sérieusement ma vie, et me maintenir en vie est très important, pour qu’Al Qaida ne soit pas accusé si jamais il m’arrivait quelque chose. Mais en réalité, me rendre dans cette région, dans cette zone de combats, n’était pas primordial, puisque les nouvelles du front m’atteignaient rapidement comme elles arrivent aux combattants.
Grenades à mains et autres
"Veux-tu savoir ce que nous ressentons ? Porte ce carquois et porte cette arme. Maintenant ressens-tu quelque chose ?" "Oui, j’ai l’impression que je suis devenu plus lourd (rires)." Cela était le genre de dialogue entre l’agent d’information et moi. Il disait qu’il venait d’Arabie-saoudite.
Il continua à me poser des questions "Tu es yéménite, tu dois surement avoir de l’expérience dans l’utilisation des armes, n’est ce pas ?" J’ai repondu "oui, je peux utiliser les armes légères, de la Kalachnikov à la R.B.K, biensur je n’ai aucune connaissance en bombes."
Alors mon compagnon m’enseigna, concentré : "…alors cette grosse partie là, est la partie morte contenant des éclats d’obus… Il peut tomber d’un endroit élevé sans exploser comme tu peux le voir. Et ceci qui fait la taille d’un doigt, est appelé : détonateur, il est très sensible, s’il était exposé à ce type coup à deux reprises il exploserait", il le frappa légèrement.
Mon Dieu… et s’il avait mal calculé (son coup)? et si ses informations étaient imprécises? que se passerait-il en cas d’erreur ? Beaucoup de questions ont provoqué une peur en moi, mais cela ne m’a pas empêché de tenir les grenades et de demander à mon compagnon de me documenter en images.
Ainsi ont été mes jours passés dans la province d’Abyan, sous les bombardements aériens continus, au milieu d’aventures de ce genre… et beaucoup de détails pourraient encore être écrits.
Abdulrazaq Al-Jamal, pour Al-Wasat newspaper
Traduit par Kamel Salam et TâLib Fï Säbïlï Lläh pour Al-Wissâl
Reproduction autorisée avec indication des sources

