Le Signe Suprême – Saïd Nursi Bediuzzaman

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمِنِ الرَّحِيمِ

تُسَبِّح ُ لَهُ السَّمَواتُ وَاْلاَرْضُ وَمَنْ فِيهِنَّ وَاِنْ مِنْ شَىْءٍ اِلاَّ يُسَبِّحُ بِحَمْدِهِ

وَلَكِنْ لاَتَفْقَهُونَ تَسْبِيحَهُمْ اَنَّهُ كَانَ حَلِيمَاً غَفُورً

[Au nom de Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux. Les sept cieux et la terre et ceux qui s’y trouvent L'exaltent et Le glorifient, et il n’est aucune chose qui n’exalte Sa louange. Mais vous qui êtes des incrédules, ne comprenez pas leurs louanges. Il est Longanime (HALîM) et Tout Pardonneur (GAFÛR) ].

Pour faire savoir le Créateur de cet univers dont la page brilliante proclame l’unité d’Allah, ce verset sublime, comme beaucoup d’autres versets coraniques, mentionne d’abord les cieux qui sont la plus brillante page de l’unité, contemplés par tous les hommes à tout moment avec le prodige et la joie.

Oui, chaque visiteur qui vient à l’hospice et au royaume de ce monde, ouvrant ses yeux, voit que : cet hospice ressemble à un banquet le plus généreux, à une exposition la plus ingénieuse, à un camp le plus impressionnant et à un sol de formation, à un endroit le plus étonnant et le plus merveilleux de récréation, à un endroit le plus profond et le plus sage de l’instruction; alors pour connaître et savoir Celui qui est le Monarque de cet bel hospice et Celui qui est l’Auteur de ce grand livre, on se voit d’abord ce beau visage des cieux, inscrits avec le dorure marquant des étoiles; ce beau visage l’appelle et lui dit: "Regardes-moi,  moi je ferai connaître à ce que tu cherches!" Alors il regarde et voit que :

Une manifestation dominicale dans les cieux accomplissent de diverses tâches : Le Créateur des cieux se tient en haut dans les cieux, sans aucun pilier de support, de centaines de milliers de corps merveilleux dont certains sont mille fois plus lourds que la terre, tournent soixante-dix fois plus rapidement qu’un boulet de canon; Il les fait déplacer en harmonie et rapidement sans se heurter; Il fait constamment allumer d’innomrables lampes sans utilisation d’huile quelconque; Il administre ces grandes masses sans aucune perturbation ou désordre; Il place le soleil et la lune pour qu’ils fonctionnent selon leurs tâches respectives, sans se rebeller jamais; Il administre ces très grandes créatures dans l’espace infini dont la grandeur ne peut pas être mesuré et déterminé par les chiffres, en même temps, avec la même force, la même mode, la même façon et sans moindre insuffisance, Il ramène à l’obéissance, soumet à sa loi toutes les puissances agressives inhérentes à ces corps; Il nettoie et lustre le visage des cieux, en levant toutes les balayures et ordures de cette vaste assemblée; Il cause ces corps et les manoeuvre comme une armée disciplinée; et puis, en faisant tourner la terre chaque nuit et tous les ans, Il montre sa manifestation dominicale à ses créatures spectateurs, sous une forme différente de cette manoeuvre magnifique, comme un écran de cinéma. Et dans cette activité dominicale une verité composée par : la subjugation,  l’administration, la révolution, la commande, le nettoyage, et  l’emploi avec sa grandeur et sa globalité, témoigne de l’existence et de l’unité nécessaires du Créateur des cieux, et cette existence plus manifeste que des cieux.

Puis, ce lieu merveilleux de l’atmosphère connu sous le nom de l’espace en parlant à haute voix à ce voyageur venu en tant qu’invité au monde, dit : "Regarde-moi! Tu peux découvrir et trouver par moi ce que tu recherches curieusement et Celui qui t’a envoyé ici!" Le visiteur regarde son visage aigre, mais compatissant, et écoute son tonnerre terrible  mais avec bonne nouvelle, et voit que : les nuages, suspendus entre le ciel et la terre, arrosent le jardin du monde d’une façon la plus sage et la plus clémente, fournissent de l’eau de vie aux habitants de la terre, règlent à la température normale, la chaleur de la vie, et enfin, s’empressent d’accorder l’aide partout où il faut. Plus l’accomplissement de ces derniers et d’autres fonctions, tout comme une armée bien disciplinée se montrant et se cachant selon des ordres urgents, les vastes nuages capables de remplir les cieux, disparaissent parfois avec leurs parties pour se reposer d’une façon à ne laisser aucune trace derrière eux. Puis, “dès que l’ordre est donné pour verser de la pluie”, ils rassemblent en une heure, ou plutôt en quelques minutes et remplissent le ciel, ils s’y arrêtent comme s’ils attendaient un ordre d’un commandant.

Puis le voyageur regarde le vent dans l’atmosphère et voit que l’air est utilisé sagement et généreusement dans de telles nombreuses tâches qu’il est comme si chacun des atomes inconscients de cet air inanimé, entendait et savait les ordres venant de ce Monarque de l’univers et sans négliger aucun, il les exécute avec l’ordre parfait par la puissance de ce Commandant; ainsi, l’air donne le souffle à tous les êtres et transmet la chaleur, la lumière, le son et l’électricité que toutes les choses vivantes ont besoin et il aide la pollinisation de plantes; l’air est employé par une main invisible très consciemment, savamment et vivement pour tous ces services et fonctions.

Ensuite, il regarde la pluie et voit que : dans ces gouttes douces, sensibles et scintillantes, envoyées d’un trésor caché de la miséricorde, il y a ainsi beaucoup de cadeaux et fonctions compatissants contenus. C’est comme si la miséricorde elle-même assumait cette forme et coulait  du trésor dominical sous forme de gouttes; c’est pour ce sens qu’on a renommé la pluie : « la miséricorde ».

Puis il regarde l’éclair et écoute le tonnerre et voit que  tous les deux sont dans des tâches (fonctions) merveilleuses et étranges.

Ensuite, tournant ses yeux de ceux-ci, il regarde à son propre intellect et dit lui-même : "le nuage inanimé et inconscient qui ressemble au coton cardé, n’a naturellement aucune connaissance de nous; quand il vient à notre aide, ce n’est pas parce qu’il a la pitié de nous, il ne peut pas apparaître et disparaître sans recevoir des ordres; mais, c’est parce qu’il agit plutôt selon les ordres d’un Commandant Tout Puissant et Tout Miséricordieux qu’il disparaît sans laisser une trace, réapparaît alors soudainement afin de commencer son travail; par l’édit et la puissance d’un Monarque plus actif et exalté, plus magnifique et splendide, il remplit et vide l’atmosphère de temps en temps; et il convertit ce monde d’atmosphère à un tableau qui inscrit toujours avec la sagesse et qui efface avec la pause, et il le change, de panneau de effacement à l’affirmation, au rassemblement et à la résurrection; et il (nuage) monte le vent et prend avec lui des trésors de pluie aussi lourds qu’une montagne, parvient aux lieux nécessiteux par la disposition d’un Dominateur et Administrateur plus généreux et bienfaisant et très munificent et soutenant. Comme s’il pleurait piteusement au-dessus d’eux, il fait les sourire avec ses larmes par les fleurs, il rafraîchi la chaleur du soleil et pulvérise des jardins avec de l’eau, et lave et nettoie le visage de la terre".

Ce voyageur curieux dit alors à son propre intellect que : "ces centaines de milliers de tâches sages,compatissantes et ingénieuses et les actes de la générosité et de la pitié qui résultent du voile et la forme externe de cet air inanimé, sans vie, sans conscience, volatil, instable, orageux, perturbé et inconstant, établissent clairement que ce vent diligent, cet domestique inlassable, n’agit jamais de lui-même, mais plutôt selon les ordres d’un Tout-Puissant (Kadir) et Omniscient (Alîm), d’un Commandant le plus Sage (Hakîm) et le plus Généreux (Kerîm). C’est comme si chaque atome de l’air était conscient de chaque tâche, comme un soldat comprenant et écoutant chaque ordre de son commandant; comme il entend et obéit chaque commande dominicale qui coule par l’air, ces atomes de l’aire facilitent la respiration et la vie de tous les êtres vivants et la pollinisation et le développement de toutes les plantes et cultive toute la matière nécessaire pour leur vie; ces atomes de l’air  dirigent et administrent les nuages, rendent le voyage des bateaux sans feu, et rendent capable la transmission des sons, en particulier la transmission des sons de radio et de téléphone, aussi bien que de  nombreuses d’autres fonctions universelles. "On voit que ces atomes de l’air, chacun composé de deux matières simples comme l’hydrogène et l’oxygène, se ressemblant l’un à l’autre, font travailler avec un bon ordre par une main de sagesse dans des arts dominicaux qui existent dans les centaines de milliers de modes différentes partout sur le globe.

Par la précision du verset (Coran 2:164) :

وَتَصْرِيفِ الرِّيَاحِ وَالسَّحَابِ

الْمُسَخَّرِ بَيْنَ السّمَاءِ وَاْلاَرْضِ

[Il fait revivre la terre après sa mort dans l’envol des vents et des nuages soumis, entre le ciel et la terre]

et par la disposition des vents utilisés dans des fonctions dominicales innombrables et par la commande des nuages employés dans des tâches divines infinies; Celui qui crée l’air de cette façon, peut être seulement un Seigneur possesseur de majesté et de générosité qui est l’Existant Nécessaire (Vâcib-ul vudjud), Omnipotent de Toute Choses (Kadir-i Külli Chey), et Omniscient de Toute Chose (Âlim-i  Külli Chey); c’est la conclusion que tire notre voyageur.

Ensuite, il admire la pluie et voit qu’il y est contenu des profits aussi nombreux que les gouttes, et des manifestations dominicales aussi multiples que ses gouttes, et des sagesses aussi abondantes que ses atomes. Aussi, ces gouttes douces, sensibles et bénies sont créées si belles et régulières qu’en particulier, la grêle venant en été, est envoyée et tombée avec un tel équilibre et régularité que, même les vents orageux qui font heurter de grands objets, ne peuvent pas détruire leur équilibre et leur ordre; les gouttes ne se heurtent pas ou ne fusionnent pas afin qu’elles ne deviennent des masses nocives. Cette eau composée de deux éléments simples comme l’hydrogène et l’oxygène, qu’ils soient en eux-mêmes simple et inanimé et sans conscience, elle est employée dans des centaines de milliers tâches et arts sages et consciencieux, en particulier chez les êtres animés. Donc, cette pluie qui est elle-même l’incorporation de la miséricorde divine, peut seulement être fait qu’en le trésor invisible de la miséricorde d’un Très Miséricordieux et Tout Miséricordieux (RAHMÂN-I RAHîM), et la pluie, par sa descente, interprète physiquement le verset (Coran 42:28) :

وَهُوَ الَّذِى يُنَزِّلُ الْغَيْثَ مِنْ بَعْدِ مَا قَنَطُوا وَيَنْشُرُ رَحْمَتَهُ

[C’est Lui qui fait tomber la pluie abondante quand on a perdu tout espoir, et qui répand sa miséricorde.]

Après, il écoute le tonnerre et regarde la foudre, il voit que: ces deux événements merveilleux de l’atmosphère sont comme une interprétation matérielle parfaite des versets suivants :

¬وَيُسَبِّحُ الرَّعْدُ بِحَمْدِهِ

[La tonnere célèbre Ses louanges] Coran 13:13

يَكَادُ سَنَا بَرْقِهِ يَذْهَبُ بِاْلاَبْصَارِ

[L’éclat de la foudre arrache presque la vue] Coran 24:43

et ils annoncent également l’arrivée de la pluie, et donnent ainsi de bonnes nouvelles à ceux qui en ont besoin.

Ce voyageur passionné entend alors le témoignage élevé et la manifestation à la vérité qui se compose de la disposition des vents, de la descente des pluies et de l’administration des événements de l’atmosphère, et dit : "je crois en ALLAH".

Après il regarde ses pages, voit que : chaque page de chacun de ses chapitres proclame le Seigneur de la terre par ses milliers de preuves. N’ayant pas de temps de lire la totalité, il regarde seulement la page de la création et de la disposition des êtres vivants au printemps, et observe que : Les formes des individus innombrables des centaines de milliers d’espèces émergent très régulièrement d’un matériel simple et puis sont élevées avec la grande compassion. Et d’une façon miraculeuse, entre certaines, des ailes sont données à ses graines; ils prennent le vol et sont dispersées ainsi. Ces espèces sont administrées avec une précaution extrême et sont alimentés et nourries le plus soigneusement; et des formes savoureuses et délicieuses d’innombrables nourritures, d’une façon de la plus grande compassion et pourvoyance, sont menées de rien, de terre sec, et des racines semblables à l’os qui diffèrent peu l’un l’autre et des graines et des gouttes d’eau. Chaque printemps est chargé d’un trésor invisible de cent mille genres de nourritures et d’équipements qui sont envoyés aux êtres par un ordre parfait, comme un wagon de chemin de fer. Et surtout l’envoi des conserves de lait et des pompes de lait sucré aux bébés sous forme de seins affectueux de leurs mères, se voit dans une telle affection et miséricorde et sagesse qu’il prouve évidemment une manifestation la plus tendre et préceptorale de la pitié et de la générosité du Très Miséricordieux et Tout Miséricordieux.

Puis, alors que ce voyageur voyageait, dans son esprit, dans la montagne et la plaine, la porte de l’univers des arbres et des végétaux s’est ouverte à son esprit : ils l’ont appelé à l’intérieur. Ils ont dit : "Viens, promène-toi en notre royaume, lis nos inscriptions  aussi!" Il est entré, il a vu qu’ils formaient une assemblée splendide, et bien parée de l’unicité divine, et un cercle pour invoquer ses noms pour Lui offrir des louanges et des grâces. Il a compris, par leur langue d’état, que l’aspect même de toutes les espèces d’arbres et de végétaux proclamaient unanimement ensemble :

لآاِلَهَ اِلاَّ اللَّه

« LA ILAHA ILL ALLAH » [Il n’y a de dieu que ALLAH]

Car il a vu trois grandes vérités générales indiquant et montrant que tous les arbres et végétaux fruitiers, avec la langue de leurs feuilles symétriques et éloquentes, avec les expressions de leurs fleurs charmantes et loquaces, et avec les mots de leurs fruits bien réguliers et bien éloquents, témoignent à la gloire d’Allah et disent :

لآاِلَهَ اِلاَّ اللَّه

« LA ILAHA ILL ALLAH »

La Première Vérité : Comme dans chacun des végétaux et des arbres on ressent ouvertement un sens d’une bonté et d’une générosité délibérées et d’une munificence d’un bienfait; on le voit sur la totalité d’eux, comme lumière du soleil quand il paraît.

La Seconde : On voit un sens de la distinction et de la différentiation sage et délibérée de l’ornement et de description qui ne peut pas être attribué au hasard; aussi clair que le jour, les variétés et espèces infinies, tous ceux-ci montrent qu’ils sont les oeuvres et les broderies d’un Fabricant Tout Sage (Sâni’-i Hakîm).

La Troisième : Le déploiement de toutes les formes d’espèces de ce royaume, chacune de ses créatures de cent mille sortes créées, pour leur propre fonction et de formes distinctes, dans l’ordre extrême, dans l’équilibre et dans la beauté, des graines identiques ou ressemblant approximativement à une autre, l’émergence de ces graines sous la forme distincte et séparée, avec l’équilibre total, la vitalité et la sagesse sans moindre erreur ou faute, sont tous une vérité plus brillante que le soleil. Les témoins prouvant cette vérité sont aussi nombreux que les fleurs, les fruits et les feuilles qui émergent au printemps. Ainsi le voyageur a dit : « ELHAMDOULILLAHI ALA NI’METIL IMAN » [La Louange soit à Allah pour le bien de la foi].

Extrait de « Le Signe Suprême » de la collection Risale-i Nur – par Saïd Nursi Bediuzzaman.

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